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Implant dentaire après extraction : peut-on le poser immédiatement ?

Extraire une dent puis poser l’implant au cours de la même intervention est possible dans certaines situations. On parle d’extraction-implantation immédiate.

L’intérêt est assez concret : lorsque les conditions sont réunies, deux étapes chirurgicales peuvent être regroupées. Mais « immédiat » ne veut pas dire « systématique », ni nécessairement « couronne définitive le jour même ».

La décision se prend après avoir examiné la dent, l’os qui l’entoure, les tissus gingivaux et la possibilité de stabiliser correctement l’implant.

Extraction d’une dent avant la pose d’un implant dentaire

Après l’extraction d’une dent, la pose de l’implant peut être immédiate ou réalisée après une période de cicatrisation, selon la situation clinique.

Qu’est-ce qu’une extraction-implantation immédiate ?

Dans un protocole classique, une dent est extraite, le site cicatrise, puis l’implant est posé lors d’une intervention ultérieure.

L’extraction-implantation immédiate consiste au contraire à placer l’implant dans l’alvéole dentaire au cours de la même intervention que l’extraction. C’est la définition retenue par l’International Team for Implantology.

Le traitement commence donc bien avant l’extraction elle-même. Il faut savoir si l’implant pourra être positionné correctement et s’il sera possible d’obtenir une stabilité suffisante une fois la dent retirée.

L’extraction doit par ailleurs préserver autant que possible l’os et les tissus autour de la dent.

Pourquoi poser l’implant immédiatement ?

Le premier intérêt est de réduire le nombre d’interventions.

Plutôt que de réaliser une extraction, d’attendre la cicatrisation puis de revenir pour la pose de l’implant, les deux gestes sont effectués pendant la même séance.

Cela peut également raccourcir la durée globale du traitement. Dans certaines indications, une restauration provisoire peut être associée à cette procédure, ce qui évite notamment le recours à une prothèse amovible provisoire.

Mais il faut être précis sur un point : poser immédiatement un implant ne signifie pas automatiquement poser immédiatement la dent définitive.

Ce sont deux décisions différentes.

Implant immédiat et dent immédiate : ce n’est pas la même chose

Un patient peut avoir son implant posé le jour de l’extraction sans recevoir pour autant sa couronne définitive le même jour.
Après sa pose, l’implant doit s’intégrer à l’os. Selon les conditions rencontrées, il peut être laissé en cicatrisation avant la phase prothétique.
Dans d’autres situations très sélectionnées, une restauration provisoire peut être fixée rapidement sur l’implant. L’ITI parle de restauration ou de mise en charge immédiate lorsqu’une prothèse est connectée dans la semaine suivant la pose de l’implant.

Cette possibilité dépend notamment de la stabilité obtenue au moment de l’intervention et de la façon dont la future dent va être sollicitée.
Ainsi, trois choses doivent être distinguées : extraire la dent, poser l’implant et mettre une dent sur cet implant. Elles peuvent parfois être rapprochées dans le temps, mais ce n’est pas une règle.

Dans quelles situations peut-on envisager une pose immédiate ?

Le bilan réalisé avant l’intervention permet déjà d’évaluer une partie des conditions anatomiques. Mais certains éléments ne peuvent être définitivement confirmés qu’après l’extraction.

L’une des conditions importantes est de pouvoir placer l’implant dans une position adaptée à la future restauration, avec une stabilité primaire suffisante. L’état de la paroi osseuse située du côté de la gencive, la quantité d’os disponible pour ancrer l’implant et la qualité des tissus mous entrent également dans l’évaluation.

Pour le remplacement immédiat d’une dent antérieure supérieure, par exemple, les recommandations de consensus récentes prennent notamment en compte l’état de santé du patient, la situation parodontale, l’occlusion, l’état de la paroi osseuse vestibulaire, la qualité des tissus mous et l’os disponible pour obtenir l’ancrage de l’implant.

Ce n’est donc pas uniquement la dent à extraire que l’on regarde. C’est l’ensemble du site qui doit permettre le traitement prévu.

Et si les conditions découvertes pendant l’extraction ne sont finalement pas favorables ?

C’est un scénario qu’il faut prévoir.

Une radiographie donne beaucoup d’informations avant l’intervention, mais l’extraction permet d’observer directement l’intégrité du site.

Si l’os ne permet finalement pas de stabiliser l’implant dans une position satisfaisante, le protocole immédiat peut être abandonné au profit d’une pose différée. Les recommandations de l’ITI prévoient explicitement cette possibilité : même sur des sites sélectionnés avant l’intervention, des événements liés à l’extraction ou une stabilité primaire insuffisante peuvent empêcher de réaliser le protocole initialement prévu.

Changer de stratégie dans ce cas ne constitue donc pas un échec du traitement. C’est précisément l’intérêt d’avoir prévu plusieurs possibilités avant d’intervenir.

Un implant dentaire est placé dans l’os de la mâchoire afin de remplacer la racine de la dent absente. Après cicatrisation, il sert de support à la couronne.

Coupe d'un implant dentaire placé dans l'os de la mâchoire

Faut-il parfois ajouter de l’os ?

oui.
Après une extraction, l’alvéole laissée par la racine et la forme du futur implant ne coïncident pas nécessairement. Des procédures d’augmentation osseuse peuvent être associées à la pose immédiate lorsque la situation le nécessite. ITI Network
Il faut également tenir compte d’un phénomène normal : l’os se remodèle après l’extraction d’une dent, y compris lorsqu’un implant est placé immédiatement. La pose de l’implant ne bloque donc pas à elle seule les modifications de la crête osseuse consécutives à l’extraction. ITI Network
C’est notamment pour cette raison que l’état de la paroi osseuse et des tissus autour de la dent compte dans la décision.

Une infection empêche-t-elle forcément de poser immédiatement un implant ?

La réponse demande davantage de nuance qu’un simple oui ou non.

Les recommandations récentes de l’ITI concernant le remplacement immédiat d’une dent antérieure supérieure indiquent qu’une infection périapicale chronique n’est pas nécessairement une contre-indication, à condition notamment qu’il reste suffisamment d’os pour obtenir une stabilité primaire de l’implant.

En revanche, les situations infectieuses doivent être évaluées individuellement. Les recommandations plus générales concernant les sites post-extraction soulignent notamment la nécessité d’évaluer la pathologie présente et l’état des tissus avant de choisir le protocole.

On ne peut donc pas déterminer la possibilité d’une implantation immédiate sur le seul fait qu’une dent soit « infectée » ou non.

Pourquoi attendre peut parfois être préférable

Regrouper extraction et implantation présente des avantages évidents pour le patient, mais le protocole immédiat est techniquement plus exigeant.

L’implant doit être placé dans la bonne position alors que l’alvéole laissée par la dent vient tout juste d’être créée. Il faut obtenir une stabilité suffisante et anticiper la cicatrisation des tissus et le remodelage de l’os.

Dans certaines situations, attendre quelques semaines permet aux tissus mous de cicatriser avant de poser l’implant. Dans d’autres, une cicatrisation osseuse plus avancée est nécessaire.

Les protocoles précoces et conventionnels restent donc pleinement indiqués lorsque les conditions nécessaires à une implantation immédiate ne sont pas réunies.

Le bon moment pour poser l’implant n’est pas forcément le plus rapide. C’est celui qui correspond à l’état du site après l’extraction et au résultat prothétique recherché.

Comment savoir avant l’extraction si un implant immédiat est possible ?

Le bilan implantaire permet d’étudier la dent, l’os disponible, les tissus environnants et la future position de l’implant.

Un scénario peut alors être prévu avant l’intervention : implantation immédiate si les conditions sont confirmées lors de l’extraction, ou traitement différé si elles ne le sont pas.

Le Dr Paul Ferracci réalise au cabinet de Sophia Antipolis – Valbonne des traitements implantaires, notamment des extractions-implantations immédiates lorsque la situation clinique le permet.

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